évaluation: compréhension écrite

NOM :                                                                                         PRENOM : 

EPREUVE DE COMPRÉHENSION  ÉCRITE       B1

Durée 45 mn 

Un jour le déclic s’est produit. Ils ont quitté leur job pour une activité qui les attirait depuis l’enfance. Pourquoi n’ont-ils pas pu le faire plus tôt ? Comment y sont-ils parvenus ? Eux quatre ont osé. Ils nous racontent leur histoire.

 Julie, 43 ans. 

« J’ai toujours aimé la nature. Petite, j’habitais à la campagne mais mes parents n’étaient pas des gens de la terre. Mon père était décorateur et ma mère illustratrice. Je n’ai jamais aimé l’école et à l’adolescence, comme il fallait bien faire quelque chose, j’ai entamé une formation de secrétaire. Sans grande motivation. C’est dans une boîte de nuit que j’ai été repérée par une agence de mannequins. Puis tout s’est enchaîné : photos, voyages, défilés. Mais j’ai tout de suite détesté le milieu de la mode, sa superficialité, son culte de l’apparence. Au fond de moi, je n’aspirais qu’à une chose, une vraie vie. J’éprouvais aussi de la culpabilité à gagner de l’argent grâce à mon physique. L’aventure a duré cinq ans. Et un jour, j’ai dit stop. Ma vie était trop en décalage avec ce que j’étais réellement. Je n’ai pas tout de suite envisagé de vivre de l’élevage ou de la terre. Passer de mannequin à fermière ? Le saut était trop brutal. Alors j’ai accepté un job de secrétaire. Le véritable déclic a eu lieu l’année de mes trente ans, à la naissance de ma fille aînée. Je vivais alors à Bruxelles et je ne souhaitais pas élever ma fille en milieu citadin. Je voulais aussi lui montrer que j’étais vivante et apte à assumer mes désirs. Sur ma lancée, j’ai divorcé et je suis partie m’installer dans la campagne belge où j’ai tenu une ferme. Au fond de moi, je rêvais de devenir une vraie paysanne et de faire de l’élevage. Lorsque j’ai rencontré mon deuxième mari, j’ai su que mon rêve allait se concrétiser. Parce qu’il a cru en moi, et qu’il a tout quitté pour me suivre. Nous avons désormais une ferme dans l’Orne, où nous sommes producteurs de lait de jument. »  

 

Olivier, 44 ans. 

« Mon arrière-grand-père et mon grand-père étaient peintres. Mon père, ingénieur, a été le premier à « trahir » la lignée. J’ai toujours été attiré par l’art sans penser à en faire mon métier, trop intimidé par le talent de mes aïeux ! Mes parents voulaient que je suive des études « sécurisantes ». J’ai donc intégré une école de commerce puis travailler pendant dix-huit ans dans les assurances. Mais je courais les expos*. Ma vraie vie était ailleurs. Alors, quand mon entreprise a annoncé un plan de licenciement, j’ai sauté sur l’occasion ! J’ai dépensé toutes mes indemnités pour ouvrir une galerie. A 43 ans, je renouais enfin avec moi-même mais aussi avec une passion familiale nécessaire à mon équilibre. J’ai fait le grand nettoyage dans mon entourage, les prétendus amis qui ne vous comprennent pas, la partie de la famille qui vous prend pour un dingue…ne restent plus que ceux qui veulent que je sois heureux. Et je le suis, au milieu des artistes et de leurs œuvres … »

 * Expos = expositions.

 

Pierre, 41 ans.

« Petit, chaque fois que j’allais chez le boulanger, c’était de l’émerveillement : je l’appelais le magicien ! Après la classe de troisième, j’ai annoncé à mes parents mon désir de devenir boulanger. Ils étaient médecins et n’envisageaient pas une seconde que je puisse faire un travail manuel. Résigné, j’ai passé mon bac, suivi une école de commerce puis décroché un poste dans la mode à Hong kong. J’ai passé sept ans à vendre du vent, jusqu’au jour où, face à un groupe de clients, j’ai réalisé que j’étais en train de mourir. Un mois plus tard, je rentrais à Paris pour devenir boulanger. Pendant trois ans et demi, j’ai passé mon CAP* en candidat libre avec des gamins de 16 ans. J’ai appris mon métier avec la passion au ventre, la rage d’être à hauteur de mon rêve d’enfant. Mes proches pensaient que j’étais devenu fou. Durant cette période, j’ai douté, non pas de mon choix évident, vital mais, de ma capacité à faire du bon pain ! Cela fait sept ans que j’ai ma boulangerie et je suis l’homme le plus heureux du monde, surtout qu’en 2008, le guide Gault Millau m’a élu meilleur boulanger de Paris… »

 

* CAP : certificat d’apprentissage professionnel.

 

Stéphanie, 39 ans.

« J’ai toujours voulu être avocate. Pourtant, j’ai arrêté mes études après le bac. Mes parents d’origine modeste ne m’ont rien imposé mais ma mère surtout, trouvait déplacé que j’aie ce genre de prétention. Ça m’a profondément blessée. Résultat : je me suis inscrite à la fac de droit, mais j’ai aussitôt laissé tomber. Pour me faire de l’argent de poche, j’étais vendeuse à mi-temps. De fil en aiguille, je suis devenue vendeuse à plein temps puis responsable de magasin. Ma mère était ravie pour moi. J’ai continué pendant huit ans, sans aimer ni détester, jusqu’au jour où j’ai rencontré mon futur mari. Il a très vite perçu ma frustration. Son amour m’a ouvert les yeux, comme si je me réveillais d’un long sommeil. Je me suis mariée, j’ai continué à travailler à temps partiel et j’ai mené à bien mes cinq années d’études de droit. A 35 ans, j’ai prêté serment, enceinte de mon premier enfant. Pour m’autoriser à être avocate, j’avais besoin que quelqu’un croie en moi… »

 ques tions de compréhension écrite niveau B1: cliquez sur –> question CE

réponses avec barèmes: cliquez sur–>correction CE

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